vendredi 27 mars 2015

Prélude à l'économie intégrée


Objet d’indifférence et de moqueries, la nature se rappelle à nos souvenirs. Sauvage ou cultivée, elle nous remémore qu’elle demeure l’élément fondamental, indispensable et nécessaire à tout ce qui existe. Il n’y a aucun avenir à imaginer un monde sans elle, aucune matière et aucune possibilité de la substituer. Nous lui restons pieds et poings liés quelle qu’en soit notre philosophie. Nous la maltraitons pourtant, usons et gaspillons les richesses qu’elle a mises à notre disposition pour assouvir notre cupidité.

Nous bâtissons des murs de connaissance pour ignorer la Nature, des théories pour nous en séparer et affirmons que nous pouvons la modifier jusqu’en notre corps alors même que nous refusons tous changements des lois politiques et économiques que nous avons créés.

Dans ces conditions, l’immuable devient modifiable alors même que le momentané éternel.

Nous sommes pourtant informés sur la limite prochaine de nombreuses matières premières et de certains minerais. Ce n’est pas que le pétrole qui est touché par une fin proche, mais un ensemble de matières.

Nous savons également, à l’heure actuelle, que peu de découvertes scientifiques majeures permettent d’entrevoir une production massive de substitution sans transformer l’économie. La connaissance sur ces échéances demeure entière même si le sujet désintéresse une majorité de nos gouvernants et nos concitoyens.

Nous nous préparons à l’un des changements les plus importants de l’économie, même si les initiatives pour la préparer restent fortement limitées. Aucune réflexion sur de nouveaux modes économiques de production et distribution de la monnaie est mis en place vu que nous vivons sur le mythe (ou l’espoir) des découvertes scientifiques. Ces dernières sont pourtant confrontées au problème d’échelle, y compris pour le pétrole de synthèse ou de substitution.

La production de bio-pétrole ne résout d’ailleurs pas non plus la question de la pollution, émise notamment par les transports, même si on est abreuvé de schémas assez simplistes comme celui où l’on peut voir une voiture qui émet du CO2 et une usine qui le recycle ; or, cela n’est qu’une image de communicant puisque dans la réalité, les choses ne se passent pas ainsi, le CO2 qui aide à la transformation est celui d’usines émettrices de forts polluants, et non celui des voitures ; ou encore cette autre image du CO2 qui serait égal à l’énergie, l’homme voulant imiter la Nature. Cette formule est malheureusement aussi un slogan de communicants, puisque dans sa première version ces bioénergies n’ont de « bio » que le nom. Elles ont un très fort impact sur la planète.

Il est alors possible que dans la panique face à l’échéance, on construise à tout va des usines de bio-pétrole un peu partout sur tous les continents. Mais, cela ne résout malheureusement rien sur le fond car, ce n’est pas qu’une question de matière, c’est une question avant tout de comportement. Les problèmes ne sont pas forcément où on croit qu’ils sont puisque le véritable enjeu est politique, et celui-ci personne ne veut le voir.

Dans la mesure où notre présent nous semble éternel, qu’il est sûrement absurde pour de nombreuses personnes que les scientifiques ( ?!) ne trouvent pas de solutions à nos échéances, personne n’aura d’intérêt à s’intéresser à cette question et à cette mutation inéluctable.

Mais, est-ce pour autant que nous devons nous en désintéresser ? Car, il est indéniable que la fin progressive ou brutale des éléments fondamentaux de notre économie va entrainer de fait ; si elle n’a pas été anticipée un choc dont nous avons du mal à en imaginer l’impact. Les réactions seront sans nul doute violentes et remplis d’incompréhension.

Aborder ce sujet entraine la question quasi systématique sur la solution : où est-elle ?

Toutes les analyses aussi performantes soient-elles n’attirent l’attention du public que s’il y a derrière l’annonce d’évolutions acceptables, en d’autres termes qui ne modifient pas trop nos habitudes quotidiennes.

Alors, préparons–nous !

Si nous voulons faire face aux évènements à venir, la mutation de l’économie devra sans aucun doute être radicale.

Cette perspective loin de nous effrayer devrait au contraire nous réconforter car, elle signifie que si la physique n’amène pas de réponses satisfaisantes, les sciences politiques n’ont peut-être pas dit leurs derniers mots.

Il est certain que les changements à opérer vont être énormes, lourds et contraignants, mais signifient qu’il y a au moins des solutions. Puis, les hommes les accepteront et ils arrêteront d’en ricaner quand le changement deviendra inéluctable.

C’est pourquoi, même si la perspective d’avenir pourrait sembler à de nombreux égard perdue, il n’en est rien, bien au contraire, l’espoir doit rester de mise car, les bases théoriques d’une économie intégrée au vivant demeurent possibles.


(la suite bientôt....)
 

Tarte à la crème économique ou comment réinventer l'eau chaude

Nous pouvons lire sur lemonde.fr, mais l'information a circulé sur d'autres médias un article intitulé : "Thomas Piketty chahuté par un étudiant du MIT"

http://www.lemonde.fr/economie-mondiale/article/2015/03/27/thomas-piketty-chahute-par-un-etudiant-du-mit_4602726_1656941.html

ou le Point : "Quand un étudiant de 26 ans ébranle Thomas Piketty "

 http://www.lepoint.fr/economie/quand-un-etudiant-de-26-ans-demonte-thomas-piketty-26-03-2015-1916150_28.php

Dont la critique serait que le pouvoir d'achat a été rongé surtout par la hausse de l'immobilier, et non pas comme l'entend l'économiste français par une structure du capital proche du XIXe siècle d'un différentiel en faveur de la rentabilité du capital sur le reste de l'économie. S'extasie alors à en lire les journaux la "communauté économique mondiale"...???? Je me permets cet remarque sur mon site car je crois qu'il n'y a nullement besoin de faire des études à Harvard, ni d'être Nobel d'économie ou d'écrire 500 pages pour comprendre que lorsqu'on gagne 1.600 € et que l'on doit donner 600 € à 800 € de loyer notre pouvoir d'achat est largement entamé. Que lorsqu'à ce prix se rajoute le coût de l'énergie (je reviendrais sur cette question dans de prochain articles); Que le gain du pouvoir d'achat passe indubitablement par une baisse drastique des loyers, du prix de l'immobilier et d'une reconfiguration de la gestion énergétique, que c'est une bulle artificielle qui a d'ailleurs était la cause d'une "crise" (permettez moi l'expression), il n'y a pas très longtemps. Je serais toujours surpris de voir que l'on s'extasie de l'évidence.